La testostérone est souvent réduite à tort à la simple fonction sexuelle. En réalité, cette hormone est la clé de voûte de la santé masculine globale. Elle agit comme un véritable « carburant » pour l’organisme, influençant non seulement la libido, mais aussi la masse musculaire, la densité osseuse, l’humeur, les capacités cognitives et le métabolisme des graisses.
On entend souvent parler « d’andropause ». Bien que ce terme soit impropre (car la baisse hormonale n’est pas brutale comme la ménopause), il décrit une réalité médicale : le Déficit Androgénique Lié à l’Âge (DALA) ou hypogonadisme.
Ce n’est pas une fatalité. Lorsque ce déficit altère votre qualité de vie, une prise en charge médicale spécialisée permet de retrouver énergie et équilibre.
Le déficit en testostérone s’installe souvent de manière insidieuse. Il ne faut pas mettre tous ces signes sur le compte du « vieillissement normal ». Si vous présentez plusieurs de ces symptômes, un bilan est recommandé.
Baisse du désir (libido) : Moins d’envie, moins de pensées sexuelles.
Dysfonction érectile : Érections moins rigides ou difficiles à maintenir.
Disparition des érections matinales.
Fatigue chronique : Une lassitude qui ne passe pas avec le sommeil.
Prise de poids : Accumulation de graisse, notamment au niveau abdominal.
Perte de masse musculaire : Sensation de faiblesse physique.
Bouffées de chaleur ou sueurs profuses (plus rare).
Troubles de l’humeur : Irritabilité, « coup de blues », manque d’entrain.
Troubles du sommeil.
Baisse des capacités intellectuelles : Difficultés de concentration ou de mémoire.
Il existe deux grands mécanismes :
Le vieillissement physiologique : À partir de 30-40 ans, le taux de testostérone baisse naturellement d’environ 1 à 2 % par an. Cependant, chez certains hommes, cette baisse est plus brutale et devient symptomatique.
Les facteurs de risque (Le mode de vie) : C’est la cause la plus fréquente de déficit sévère aujourd’hui.
L’obésité et le surpoids.
Le diabète de type 2.
La sédentarité.
Le stress chronique et le manque de sommeil.
Le saviez-vous ? La graisse abdominale transforme la testostérone en œstrogènes (hormones féminines), ce qui aggrave le déficit. C’est un cercle vicieux que nous pouvons briser.
En tant que chirurgien urologue et andrologue, mon rôle est de confirmer que vos symptômes sont bien liés à un problème hormonal et non à une autre pathologie.
Le diagnostic repose sur deux piliers indissociables :
Important : Le dosage de la Testostérone Totale et Biodisponible doit impérativement être réalisé le matin (avant 10h00) et à jeun, car le taux fluctue naturellement au cours de la journée.
Le traitement n’est jamais automatique : il est proposé uniquement si le déficit est confirmé et gênant. L’objectif est de ramener le taux de testostérone dans la moyenne physiologique pour faire disparaître les symptômes.
Avant tout médicament, nous abordons l’hygiène de vie. La perte de poids et la reprise d’une activité physique peuvent, dans certains cas, suffire à relancer la production naturelle.
Si nécessaire, nous mettons en place un apport en testostérone. Il existe plusieurs formes galéniques adaptées à votre mode de vie :
Le Gel transdermique : Application quotidienne sur la peau (épaules ou bras). Il permet un taux stable, sans injection.
Les Injections intramusculaires : Réalisées tous les mois en moyenne ou toutes les 10 à 12 semaines pour la forme retard, elles offrent un confort d’observance.
Il est conseillé de prendre rendez-vous si vos symptômes (baisse de libido, fatigue, troubles érectiles) persistent depuis plus de 3 mois et affectent votre qualité de vie. Un signe d’alerte spécifique à ne pas négliger est la disparition des érections matinales. N’attendez pas que ces troubles s’installent pour faire un bilan.
C’est la crainte la plus fréquente, mais les études scientifiques actuelles sont rassurantes : le traitement par testostérone ne provoque pas le cancer de la prostate. Cependant, la testostérone peut stimuler la croissance d’un cancer déjà existant. En tant qu’urologue, je réalise systématiquement un dépistage avant de commencer, puis une surveillance régulière pour garantir votre sécurité.
Il ne s’agit pas d’une dépendance (addiction), mais d’une substitution. Si votre corps ne peut plus produire assez de testostérone à cause d’une lésion testiculaire, le traitement sera probablement à long terme. En revanche, si le déficit est lié à l’obésité ou au mode de vie, une perte de poids importante et une reprise du sport peuvent parfois permettre de relancer la machine et d’arrêter le traitement. Nous réévaluons régulièrement la pertinence de poursuivre la thérapie.
La testostérone est l’hormone du désir, pas de la mécanique. Le traitement restaure la libido ce qui est la base de l’érection. Cependant, si les vaisseaux sanguins du pénis sont abîmés (diabète, hypertension, tabac), la testostérone seule peut ne pas suffire. Elle est souvent associée à des médicaments pour l’érection (type Viagra/Cialis) qu’elle rend d’ailleurs plus efficaces.
Contrairement aux idées reçues, c’est le manque de testostérone qui est associé à un risque cardiovasculaire accru (syndrome métabolique). Ramener le taux à la normale est généralement bénéfique pour le cœur. Le seul effet secondaire fréquent à surveiller est l’augmentation de l’hématocrite (le sang devient un peu plus épais). C’est pourquoi je prescris des prises de sang de contrôle régulières.
Chirurgien urologue et andrologue
Spécialisé en santé sexuelle masculine, le Dr Davy Benarroche est expert en diagnostic et prise en charge du déficit en testostérone (hypogonadisme).
Le Dr Benarroche offre une prise en charge centrée sur la santé masculine, associant une approche médicale et chirurgicale, adaptée aux besoins de chaque patient.